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21.01.2008

Sarkozy devancé par Fillon dans les sondages:

 
Répéter des résultats de sondages, ce n’est pas une analyse journalistique !
 

Pour évaluer le bien fondé et l’efficacité des réformes mises en œuvre par le Président Sarkozy, les journalistes n’ont qu’un seul argument : les chiffres des sondages, qui remplacent toute analyse politique. « La politique de Sarkozy n’est pas bonne parce que ses sondages sont en baisse ! ».


    « Ça y est: l'événement qu'on sentait venir depuis quelques semaines s'est produit »[1] : le président en baisse dans les sondages est moins populaire que son Premier ministre. Toutes les rédactions des « grands médias » se répandent en commentaires sur ce haut fait de la vie politique française. L’époque où journaliste rimait avec argumentaire critique et point de vue personnel n’est plus qu’un souvenir lointain.

     La politique n’est pas qu’une affaire d’apparence et de communication, même si les médias surfent sur cette vague (critiquer la politique spectacle de Sarkozy, c’est y participer soi-même). La politique, ce sont aussi des faits, des chiffres, des réalités. Et sur ce plan là, les arguments ne manquent pas pour que les journalistes examinent et critiquent les réformes de Nicolas Sarkozy. En résumé, le travail des journalistes devrait être d’informer les citoyens, de les éclairer. Qu’une partie des Français désapprouvent l’action du Président, c’est un fait qui n’a pas besoin de la confirmation des sondages. Que cette population représente 48% ou 52%, quelle différence ? En quoi cela change t-il la nature (bonne ou mauvaise) de la politique de N.Sarkozy ? 

 Triste constat : les journalistes se transforment volontairement en perroquets des sondages. Souvent objets de critiques en raison de leurs liens avec les puissances économiques ou politiques, nos reporters estiment que se faire porte parole des sondages permet de donner la parole au peuple, et donc de légitimer leur travail. Une illusion à double titre : pour qu’un sondage ait un minimum de sens, encore faut-il que l’opinion qui s’y exprime ait été informée. Et même dans ce cas, les sondages ne représentent pas fidèlement l’avis des citoyens, mais plutôt les préoccupations des sondeurs.

    Et demandons nous à quoi peut donc bien servir un journaliste qui répercute le soi disant avis du peuple…au peuple. Un fonctionnement circulaire où le journaliste n’apporte rien. Difficile de croire que ce que les Français attendent des médias, c’est que leurs reportages confirment aux Français qu’ils pensent bien ce qu’ils pensent. 

    Les fausses promesses politiciennes, de quelque bord qu’elles soient, ont de beaux jours devant elles, et les journalistes, suspendus aux résultats des sondages, sont promis à une lente extinction. Les Français, eux, devront chercher ailleurs les moyens de s’informer.



[1] Le Journal du Dimanche, 20 janvier 2008, http://www.lejdd.fr/sondages/82.html

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