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17.12.2007
Communiqué du 13/12/2007: les sondeurs obtiennent l'impunité
Rapport de la Commission des sondages sur les élections de 2007 : les sondeurs obtiennent l’impunité.
La Commission des Sondages, autorité administrative veillant à ce que le sondage électoral « ne vienne pas influencer ou perturber la libre détermination du corps électoral », a rendu son rapport d’activité 2007 le 13 décembre 2007.
L’association Sondons les Sondages !, qui lutte contre l’omniprésence des sondages dans le débat public, émet de fortes réserves à la lecture de ce rapport.
Aucune limite à l’explosion du nombre de sondages.
La Commission constate l’explosion du nombre de sondages (+ 52% ! entre 2002 et 2007nombre de sondages en hausse.PNG) mais n’émet aucune réserve contre ce recours excessif. Elle se contente de justifier cette augmentation par les primaires au sein du PS, et le développement de nouvelles méthodes d’enquête. Elle oublie ainsi le rôle qui lui est imparti : veiller à ce que «la publication des sondages électoraux portant sur des intentions de vote ne vienne pas influencer ou perturber la libre détermination du corps électoral». Après les sondages quotidiens, la Commission avalera t-elle en 2012 une nouvelle couleuvre : des sondages réalisés chaque heure ?
Les Pseudo-sondages internet avalisés.
Les sondages réalisés sur des panels d’internautes posent un problème urgent, car ils bafouent les règles élémentaires de la représentativité des échantillons. Faut-il rappeler que tous les foyers ne bénéficient pas du haut débit (zones rurales, personnes âgées, précaires) ? La Commission des Sondages choisit cependant de botter en touche : ces enquêtes n’auront pas le droit de s’autoproclamer « sondages ». Une belle clémence pour les médias et sondeurs, qui continueront à disserter sur ces chiffres faux en prenant garde de ne pas les appeler « sondages », mais « enquêtes », « consultation », ….
Le 2nd tour décidé avant le 1er !
La Commission a encore une fois refusé d’exercer ses compétences de contrôle en donnant carte blanche à la réalisation de sondages sur le 2nd tour des élections plusieurs mois avant l’élection. Une entreprise de sondage a ainsi « testé » la candidature de Bayrou au 2nd tour face à Royal et Sarkozy, test qui le donnait victorieux dans les deux cas. Mais comme le note un autre sondeur, « «Si on avait testé Corinne Lepage au second tour, elle aurait aussi certainement battu Sarkozy et Royal.». L’influence biaisée sur les électeurs est évidente, on connaît l’élan que ces résultats ont donné à la campagne de Bayrou. La Commission se contente de suggérer qu’« il serait dans l’idéal préférable d’attendre les résultats définitifs du premier tour pour en réaliser ». La volonté d’atteindre cet idéal semble faire défaut !
Des méthodes floues et incontrôlées.
Les entreprises de sondages, à partir des mêmes réponses fournies par les sondés, échafaudent plusieurs scénarios en appliquant différentes méthodes de correction. Ils obtiennent ainsi une fourchette de résultats pour chaque candidat. Problème : bien souvent ils prennent la liberté de publier des chiffres qui sortent en dehors de cette fourchette. Mais d’où sortent-ils ces nouveaux résultats ? De leur flair ? Où est l’explication scientifique ? La Commission les met en garde mais leur reconnaît « une certaine marge d’appréciation ».
Une Commission des Sondages fantoche ?
La Commission se réjouit car elle « est aujourd’hui parvenue à devenir l’un des acteurs du débat public sur les sondages ». Notre constat est beaucoup plus pessimiste : la Commission ne doit pas être seulement l’un des acteurs du débat sur les sondages, elle doit en être l’arbitre ! Il est fort regrettable que la Commission des sondages, qui par son statut juridique ne dispose que de peu de pouvoirs, se refuse à exercer ces maigres attributions.
« Trente ans après sa création, la commission des sondages a su développer des modes d’intervention moins formels que ceux prévus par la loi, mais dont l’efficacité n’est pas contestable ». Audacieusement, la Commission des Sondages revendique le fait de ne pas utiliser les armes à sa disposition, trop contraignantes pour la noble activité des sondeurs sans doute.
Récusant toute « connivence » avec les instituts de sondages, elle se réjouit cependant des « relations de confiance » qui se sont nouées entre eux. Visiblement, la Commission préfère rendre des comptes aux entreprises de sondages qu’aux citoyens.
SLS ! Sondons les Sondages
http://sls.hautetfort.com/Contact : sondonslessondages@gmail.com



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